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Marie-Sybille Lainé

Marie-Sybille Lainé

Estuaire,série, 2003, photogramme, tirage argentique noir et blanc, série, 50,7×40,5cm

Marie-Sybille Lainé

Estuaire,série, 2003, photogramme, tirage argentique noir et blanc, série, 50,7×40,5cm

Marie-Sybille Lainé

Estuaire,série, 2003, photogramme, tirage argentique noir et blanc, série, 50,7×40,5cm

Marie-Sybille Lainé

Gave 2010, tirage argentique noir et blanc, série, 101×67,3cm

Marie-Sybille Lainé

Gave 2010, tirage argentique noir et blanc, série, 101×67,3cm

Marie-Sybille Lainé

Lainé Marie-Sybille /Gave 2010


L’ESTUAIRE
L’estuaire : lieu de passage, de modulation, d’adaptation ; la rivière devient la mer, l’eau salée remplace l’eau douce. Vu de haut, l’estuaire ressemble à une main qui tend vers le large, doigts écartés, brillants au soleil.
En descendant la rivière, on reste en communication avec la terre : les berges sont proches, on imagine pouvoir les toucher avec la main, les animaux nous regardent, indifférents à notre sort, et les oiseaux chantent, survolent sans y prêter attention le bateau qui se confond avec le paysage.
En mer, dans le paysage de l’estuaire, l’horizon s’ouvre et les berges reculent. L’oiseau devient rare ; si une mouette se rapproche, elle fait le tour du bateau, se pose sur le pont ; l’homme est un repère, un point, une anomalie dans le paysage naturel, immense de la mer.
L’artiste a soufflé sur l’eau qui couvrait le papier, et le papier est devenu à son image, à l’image de son souffle.
Le souffle humain : plat, qui s’étend à la surface du monde, en rhizome, en fractales, parfois à peine visible, et qui vient toujours après, après l’acte créateur, comme nos vies, ce qui en restera, le divin qui est en nous.
Et qui nous ramène dans le passé, dans l’estuaire de la mémoire, d’où surgissent des figures, qu’on croît reconnaître – tel animal, telle maison, le toit du château où, enfant, on rêvait habiter – et qui se confondent avec l’horizon, disparaissent.
Et le spectateur de l’estuaire répète les gestes, soulève pour tourner les images, regarde la suivante, poursuit son chemin dans la répétition et dans le corps, les conditions de la mémoire, ce lieu de passage.
*
GAVE
La puissance des images appelle : elle donne l’envie de disparaître, perdre les repères, oublier le reste, s’oublier, pour cette jouissance qu’elles promettent.
Jouissance barthésienne : la vérité du corps qui désire, au-delà des significations, dans ces masses et ces formes qui s’effacent, surgissent, ouvrent des volumes, laissent imaginer des substances qui touchent, des sensations (le froid, mais qui caresse, lave).
On est à la limite. Expression banale. Mais le désir est banal. C’est cette dure bataille contre le corps, avec le corps, pour le corps qui nous distingue, nous donne lieu.
Profondeur de l’image : c’est un espace pour le corps, pour se cacher, disparaître, devenir autre, devenir soi-même.
Harri Veivo, extraits du texte « Dans l’espace des images de Marie-Sybille Lainé », mars 2013

    Adresse de l'atelier
  • Cercle Photo de Gentilly- CMAC, 2 rue Jules Ferry 94250 Gentilly
    Contacts de l'artiste

Atelier accessible aux personnes à mobilité réduite


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