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Mirela Popa

Mirela Popa

Mer de Glace 2010 tirage argentique couleur 275X180cm

Mirela Popa

Mer de Glace 2010 tirage argentique couleur 275X180cm

Mirela Popa

Mer de Glace 2010 tirage argentique couleur 250X160cm

Mirela Popa

Mer de Glace 2010 Dyptique tirage argentique couleur 275X180cm

Mirela Popa

Mer de Glace 2010 Dyptique tirage argentique couleur 275X180cm vue de l'exposition Migration

Mirela Popa

Mer de Glace 2010 Dyptique tirage argentique couleur 275X180cm vue de l'exposition Migration

Des steppes de la Mongolie à la Mer de glace, l’exposition de l’artiste Mirela Popa, présente eu Service Culturel de Gentilly et à son atelier, est un étonnant raccourci d’une série d’épopées qui n’ont cessé au cours des siècles de nourrir les imaginaires. Ces épopées sont résumées en une étonnante image métaphorique de l’invasion de l’Europe par les éléphants sous la forme de milliers de figurines en verre, figurines que l’on pourrait supposer excavées de très anciennes tombes puniques.

Les photographies de Mongolie, les paysages alpins, les références aux auteurs antiques et aux écrivains voyageurs, l’interminable défilé des éléphants, renvoient à ces territoires nourris d’histoires humaines dans lesquelles sourdent les conflits entre les civilisations nomades et les civilisations urbaines.

Ces territoires en apparence hostiles aux hommes, n’ont cessé d’être parcourus, d’être investis de signes de domination : cairns, Övos, monticules, formes totémiques, grands ensembles. L’humanité changeante a bousculé au cours des millénaires le décor de ces paysages de la façon la plus infime ou parfois de la plus radicale.

L’exposition est le reflet d’une réalité fictionnelle préexistante des traces de l’histoire, de sédimentations successives rendant visible, ce qui s’est dérobé à la vue mais qui a perduré dans un imaginaire associé aux récits les plus terrifiants et les plus fantastiques et pour reprendre une expression de Walter Benjamin, « d’un inconscient de la vue ».

Il semble que Mirela Popa ait été le témoin de ces grandes épopées d’où paradoxalement si peu de traces de l’humain perdurent à l’exception de ces villes improbables bâties au milieu de la steppe, anticipation d’une archéologie du futur.

Mirela Popa ne se livre pas à des représentations idéales, à des images idylliques de la relation de l’homme au monde qui l’environne mais elle réintroduit dans un processus autobiographique l’imaginaire qui a conduit l’homme à investir ces espaces. Les sillons neigeux à peine perceptibles, là ou Hannibal et ses compagnons sont supposés avoir approché le col du Clapier, symbolisent tout autant la vanité humaine que la transmission mémorielle de leurs exploits. L’intrusion de la modernité architecturale dans les steppes mongoles, métaphore des tensions millénaires entre sociétés sédentaires et nomades exclue cependant toute construction mythologique et poétique.

Mirela Popa défait tout réflexe d’adhésion et de reconnaissance pour laisser divaguer l’imaginaire dans une quête quasi chamanique d’un continuum de l’épopée humaine. Au delà de la dimension du sublime absolu des paysages alpins et de l’inquiétante infinitude de la steppe mongole, il demeure la présence mémorielle des conquérants et les récits fantastiques qui ont accompagné les grands mouvements de populations à travers les steppes d’Asie centrale et les épopées antiques de la traversée des Alpes.

Les propositions artistiques de Mirela Popa s’éloignent des paysages de convention ou des paysages pittoresques. Elles entretiennent des liens particuliers avec l’histoire et avec le temps. En ce sens ses paysages deviennent fiction renvoyant à l’imaginaire et au miroir de soi. Mirela Popa participe selon l’expression de Montaigne à une « artialisation du paysage » mais dans une relation particulière à la mémoire. La détestation des steppes, domaine des nomades, la détestation des univers minéraux et glacés des hauts sommets par les sociétés urbaines, ont marqué durablement l’histoire de l’humanité, les unes renvoyant aux fléaux de dieu, les autres symbolisant la malédiction divine et les souffrances infinies.

Cette omniprésence de l’histoire dans l’œuvre de Mirela Popa renvoie à la question du rapport entre tradition de la représentation selon des modèles de la peinture du XIXe siècle et la modernité de la photographie qui n’est pas sans similitude avec la photographie allemande. Elle contribue selon une méthode diachronique à un enchevêtrement des historicités et à la transformation des sociétés. Elle fait référence à des traces indiciaires, traces de pas dans la neige, chemins tracés dans la steppe, où les sens sont volontairement ou involontairement cachés.

Mirela Popa n’oppose pas les sociétés traditionnelles à la modernité, les steppes mongoles sont d’ailleurs ponctuées de bâtiments de l’ère soviétique. Ce qui l’intéresse ce sont les processus de transformation, de stratification et de mémorisation. Le paysage devient objet social et à ce titre Mirela Popa intervient à la fois comme artiste, historienne et anthropologue dans une relation d’observateur des sociétés en devenir loin de tout désordre ou chaos.

William Saadé

    Adresse de l'atelier
  • CITÉ DES ARTISTES - 54 avenue Lénine
  • 94 250 Gentilly
    Horaires particuliers de l'atelier
  • 11h à 20H

Atelier accessible aux personnes à mobilité réduite

Allée pavée


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