Etienne de Bary | ZIG ZAG Gentilly

Etienne de Bary

Médiathèques de Gentilly 2024
Service Culturel de Gentilly 2024

De toile en toile la vie quotidienne s’est glissée dans ma peinture. C’est une pratique ou le pictural va de soi dans l’effort de représentation. Se concentrer sur le mimétisme, être « bête comme un peintre », permet d’éviter la fétichisation du geste pictural, du propos, et la maladresse volontaire. C’est un détour qui permet de découvrir, comme par inadvertance, ce qu’on a à faire et qui on est.
On pourrait croire que mon travail va vers plus de figuration. Je vais toujours vers plus d’abstraction. Pour être abstraite, une forme doit d’abord avoir été figurative, puis, plus on avance dans un travail, plus les anecdotes vont disparaître.
Mais je peux aussi placer des formes non-figuratives dans un espace figuratif. La forme non-figurative reste à la surface, comme quand Léonard accoude le modèle au bord du cadre. On peut créer de l’espace par devant et par derrière.
On peut en particulier placer du texte, comme le faisaient communément les peintres du XVème siècle, et comme on le fait dans la publicité et la presse. Le texte apporte une triple dimension graphique, narrative et phonétique, c’est de la dynamite.
Sur papier j’alterne les crayons de couleurs avec les lavis et rehauts de gouache.

Sur toile je fais le glacis aux résines naturelles en alternant émulsion (au vernis gras) et glacis (au medium gras également). Une couche de crayon ou de technique maigre précise le dessin et remonte les lumières, puis une couche de couleur fluide intègre le tout (ou une partie) dans la profondeur tridimensionnelle, et on recommence.
Je me défais de tous les matériaux synthétiques (éphémères, polluants et dont on finit par jeter la plus grande part en même temps que les palettes) pour retrouver les techniques anciennes. C’est une forme d’archéologie expérimentale.
Je reprends à mon compte une conception ancienne, qui opposait les travaux réalisés avec des supports et des mediums durables, aux décorations. Les premiers se voulaient permanents, les secondes n’étaient soumises qu’à la garantie décennale. Ce qui oppose, ou opposait, les beaux-arts aux arts décoratifs, c’est le souci très actuel de sortir sa peinture de la péremption programmée.

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